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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 14:58
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Dimanche 29 janvier 2017... quand ce cauchemar affreux s'arrêtera-t-il ?

Maurice m'appelle à sept heures, puis à huit où je lui donne ses remèdes notamment l'oxycontin.. À chaque fois je suis toute ensommeillée et à huit heures je retourne au lit. Je n'y reste pas... il hurle de douleurs depuis huit heures et cela va durer jusqu'à l'arrivée de l'infirmière.

Quand elle a fini les soins et qu'elle repart Maurice s'endort apaisé... je le laisse dormir et après avoir étendu les lessives, je consulte mes courriels. Je reçois des mots gentils de mes ami(e)s, notamment ma très douce Lucette, amie précieuse qui s'inquiète tant de nous... Véronique également qui me commente la neige dans les Dombes, aussi Joscelyne dans les Monts d'Arrée qui souffre en ce moment d'une pneumonie... que de gens malades !

J'ai un peu de temps et il dort si fort que je prends l'idée de téléphoner à Lucette... c'est un moment magique que de parler à une amie si loin de chez nous, à présent. Dehors il pleut, le temps radouci nous apporte le chant mélodieux des oiseaux du ciel et le chant des poules qui pondent. Il fait gris.

Maurice recommence à crier... la morphine de midi ne le soulage guère. Il était à 420 mg de morphine et dans leur euphorie d'avoir traversé cette intervention chirurgicale, les médecins ont arrêté les calmants... un peu trop vite ! Réduite à une peau de chagrin l'oxycontin à 20 mg à huit heures et à vingt heures et 20 mg d'oxynorm toutes les quatre heures ! À quoi peuvent bien penser les médecins devant le cas de Maurice ? Que comprennent-ils de ses douleurs excessives et récurrentes ?

Comment pouvaient-ils penser que tous ces longs mois où Maurice fut alité avec des œdèmes qui pissaient l'eau à travers les jambes et les pieds pouvait, une fois l'opération passée, redevenir 'normal' ? N'ont-ils donc pas compris que son cœur ayant pris une sacrée secousse allait refaire le même problème en bien pire !

Moi, je savais les risques et ce n'est pas faute de l'avoir dit... comment dès lors peut-il remonter une pente aussi ardue... tant de souffrances pour si peu de résultat... bientôt cinq mois collé au fond de son lit où il n'a pas réussi ne serait-ce que s'asseoir au bord du lit, pouvoir manger assis plutôt que couché entraîné par ce ventre exagérément volumineux, véritable tonneau d'eau qui lui pourri la vie ! ! !... Et toutes les affreuses conséquences qui en découlent avec des organes noyés dans l'eau, des capitons gonflés à bloc durs, rouges et qui le démangent sans arrêt, une respiration plus que difficile, et j'en passe... une épouvantable souffrance et d'horribles douleurs que eux ne supporteraient pas une seule minute ! C'est intolérable et inadmissible !... Mais en attendant c'est nous qui devons supporter l'insupportable, une vie gâchée dans cette galère infâme ! Pauvre Maurice crucifié chaque jour, chaque nuit inexorablement...

Je ne fais pas la sieste pendant son sommeil... il m'a déjà appelé cinq fois. Je ne peux guère m'éloigner de lui, je dois veiller, rester en garde tant il est accablé de souffrances... quand s'arrêtera ce cauchemar ?

LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 14:46
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Samedi 28 janvier 2017... la trop longue agonie de Maurice...

 

Hier soir nous sommes restés ensemble jusqu'à une heure du matin... je l'ai lavé, massé et nous avons traîner devant la télévision.

Le sommeil nous a pris à une heure et je suis allée me coucher. La nuit s'est déroulée avec trois grosses crises de douleurs. Il m'a appelé à trois heures pour le changer et à cinq heures parce qu'il avait fait tomber un objet... mais il était confus ne sachant plus rien. Il n'a pas cessé de crier qu'il avait mal, trop, trop mal et qu'il n'en pouvait plus. La dernière a été la plus forte et la plus épouvantable.

Au matin à sept heures il a fini par s'endormir et moi aussi profondément assommée jusqu'à neuf heures.

Corinne arrive. Elle s'occupe de ses soins. La perfusion ne fonctionne pas bien et cela l'oblige à revenir par trois fois.

Après le repas Maurice s'endort dans une crise de douleurs, de cris et de divagations. J'ai oublié de lui donner sa morphine à midi et du coup je le fais à quatorze heures dix. Il s'endort profondément enfin apaisé dix minutes plus tard durant trois heures.

Marc passe sur mon coup de fil pour voir le problème du téléphone et de sa carte SIM. Je dois me rendre à la Poste ou au Tabac. Je verrai ça mardi. Nous parlons tout bas afin de ne pas risquer de le réveiller en sursaut.

Je relis en diagonale mes bouquins que je suis en train d'archiver. J'ai justement le nez sur 'Docteurs, vous m'avez tué !' où se déroule le même scénario, les mêmes symptômes, les mêmes errances médicales, le même drame sauf qu'à l'époque il s'agissait de traverser en soins palliatifs à domicile une overdose médicamenteuse massive qui l'emmenait à la mort... et cette fois ce sont toutes ses limites cardiaques qui ont été mises à bout avec une très lourde opération que son cœur n'était pas en état de supporter après quinze ans sans aucune anesthésie générale justement à cause de son cœur trop fragile !... Et je ne peux point oublier l'épouvantable épisode de sa double trépanation de la boîte crânienne (sans anesthésie ! ! !) en novembre 2014, dont il ne s'est pas vraiment remis.

Corinne revient et doit le réveiller pour les soins. Il se secoue ahuri ne sachant plus où il est, ce qu'il fait ici ? Il n'en revient pas d'avoir dormi aussi longtemps et son esprit oscille entre le jour et la nuit. Bref il demeure ainsi un moment à retrouver ses repères.

Corinne se retire. En préparant le dîner mes forces de moineau laisse tomber un bocal de confit de canard farci au foie gras... zut, zut et rezut.

Je peste de tout mon cœur. Cet excellent produit nous aurions bien dû le manger plus tôt ! Maintenant il y a des éclats de verre de partout et tout est répandu au sol ! Je ne décolère pas, en plus il faut tout nettoyer sans se blesser et je tremble sur mes jambes à la démarche tordue.

Maurice m'accable en me conseillant de tout jeter car cela peut-être dangereux de trouver des morceaux de verre en mangeant.

Je suis très en colère contre moi... en règle générale, je ne suis pas mariée avec les bocaux... je ne les tiens pas en main et pour les ouvrir c'est impossible... mais j'ai un truc, je cogne le rebord du couvercle sur le montant en bois de notre rampe extérieure !

Je me dépêche comme je peux à préparer le souper. Nous finissons par prendre notre repas du soir... mais soudain sa sonde fuit et je dois rappeler Corinne. Tout va de travers !

Corinne revient à dix-neuf heures pour gonfler le petit ballonnet de la sonde. Pauvre Corinne tant sollicitée par ce grand malade... elle est formidable de gentillesse, de dévouement et d'empathie envers ses malades. Comme on aimerait que tout le monde soit ainsi !

Bon, Maurice bien installé dans son lit somnole devant la télévision. Je demeure près de lui jusque tard.

Vers vingt-trois heures, je me couche. Il s'endort vaguement et il me rappelle toutes les heures. Évidemment, comme trop souvent, il n'a plus sommeil.

Au milieu de la nuit il prend une phase d'euphorie comme cela lui arrive parfois quand il veut se lever.

Je le change à trois heures puis je vais me relever plusieurs fois... il cherche encore son ordinateur à des heures indues qu'il abandonne très vite.

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 19:53
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Vendredi 27 janvier 2017... une plongée dans mes livres...

 

Je me couche à vingt-deux heures après avoir vérifié qu'il est bien arrangé dans son lit. J'ai dormi toute la nuit ! Il m'a appelé une fois pour avoir renversé son canard à côté du lit puis sur le matin à six heures trente où il commence à délirer. J'ai voulu me recoucher mais ces cris m'ont relevés... arrivée près de lui, il était en pleine confusion :

Laisse-moi crier ça me fait du bien !

Dans son sommeil peuplé de cris, ses paroles étaient totalement confuses.

Finalement je reste près de lui et je prépare ses remèdes. Lorsqu'il revient un peu à lui je les lui donne et aussi quelques petites viennoiseries dont il raffole mais il ne veut rien d'autre.

Ensuite il reprend sa navigation en sommeil profond pris entre divagations, cris, gémissements et plaintes comme si son sommeil était un trop long cauchemar peuplé de monstres.

Nelly arrivée à huit heures trente se révèle d'une très grande efficacité, elle fait la vaisselle, étend le linge, m'aide à la soupe et à la purée, va s'occuper des animaux, les nourrir et les abreuver.

J'ai bloqué la porte du garage, la targette m'est restée dans les mains et je ne peux plus sortir avec mon fauteuil roulant électrique... je dois en parler à Alain. De plus la porte d'entrée qui renâcle depuis des mois se trouve à présent complètement défaite, ce n'est vraiment rien mais je ne suis pas douée pour le bricolage.

Corinne de son côté vient pour Maurice où, ce matin, elle n'en finit plus, car en plus de tous les soins habituels, elle doit lui poser une sonde. Elle nous quitte tardivement puis Nelly nous laisse à midi.

Maurice épuisé s'est endormi profondément puis des gémissements le réveille. Je lui passe ses remèdes et je lui présente son repas : un morceau de limande panée qu'il apprécie fortement, un peu de vraie purée à l'ail, et un yaourt à la framboise. Il me demande de me dépêcher car il veut dormir. Lorsqu'il termine, il se rendort entre sommeil et plaintes puis sombre profondément.

Je fais la vaisselle. Je consulte mes courriels. Au courrier tout à l'heure, Nelly m'a apporté une fort jolie carte parsemée de cœurs multicolores comme autant de vol de papillons de ma très douce amie Lucette. Lucette, si tu me lis, je te remercie de ton merveilleux petit mot d'encouragement et de gentilles pensées. Dans mes courriels un petit mot précieux de mon amie Véronique Pacaud, auteure.

Corinne, l'infirmière revient sur le soir soigné Maurice qui se réveille à peine de son sommeil rempli d'inconscience. Il s'est éveillé plusieurs fois où il divaguait tenant des propos extravagants et incohérents.

Le voilà bien installé au propre avec son serpent dans le dos qui le maintient dans une position plus relevée moins avachie dans le lit... il dit qu'il se sent mieux avec la sonde.

Lorsque Corinne nous laisse je prépare le repas de mon époux. Il est content car il a droit à des tranches de cet excellent saucisson d'Ardèche. Je les sers avec des tranches de pain aux noix et des cornichons. Puis il prend un petit reste de flageolets. Il ne veut pas de cette délicieuse soupe que j'ai préparé pour la semaine avec du butternut, rien à dire elle est vraiment succulente. Ensuite en soirée devant la télévision, il aura droit à un petit peu de gâteau de riz au lait, dessert préféré des Bretons. J'avoue que je le réussis fort bien.

Depuis ce matin mes douleurs aiguës et violentes ne m'ont pas quittées. Mon corps, mon dos sont brisés menus.

J'ai mis au propre sur un CDR mon livre 'Les Sanglots du Vent' et je mettrai 'Docteurs, vous m'avez tué' également demain... je vais procédé ainsi pour tous mes livres - près de trente cinq je crois, je n'en ai pas encore fait l'inventaire exact - afin que je puisse m'y retrouver. J'ai tant de fois travaillé dessus à les reprendre, les relire, puis les corriger qu'il faut bien qu'un exemplaire propre soit sauvegardé correctement...

Il a plu aujourd'hui et du coup le vent fort a cessé, le froid aussi. Il fait plus doux.

Mes protégées sont heureuses car Nelly les a bien gâtées ce matin en leur portant une brassée de fusain... oh, les gourmandes !

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 17:09
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Mercredi 25 janvier 2017... toujours plus bas, toujours plus gros...

 

Je le change vers vingt heures et je constate à nouveau la passoire dessinée sur le côté haut à gauche de son abdomen... de nombreux trous pour laisser passer l'eau et l'épaisseur de son œdème dur, rouge et gonflé... c'est absolument épouvantable et je tiens ma position... donner un diurétique à un insuffisant cardiaque tel que mon époux c'est torturer son cœur qui pédale dans la semoule affolé et produit trois fois plus d'eau ! Ainsi on ne le soulage pas de la douleur mais bien au contraire on accentue son état gravissime, on le condamne à souffrir trois fois plus, on le crucifie, on le jette dans un gouffre de douleurs et on lui annule toutes possibilités de se relever un jour de son lit. Je suis ulcérée par ce degré de légèreté avec laquelle on traite cette question.

Je lui donne tous ses comprimés de la nuit, notamment le xanax pour s'endormir. Je le change, le masse et l'arrange dans son lit de nouveau à vingt-deux heures trente. Puis je me couche.

Soudain je l'entends pris dans une quinte de toux qui n'en finit pas où il s'étouffe... je me relève pour lui donner son spray de propolis. Ensuite les cris commencent... ah, j'ai oublié de lui donner sa morphine... je me relève et vais lui donner deux pilules de vingt mg avec un doliprane. Les douleurs se calment peu à peu, mais il ne s'endort pas.

Toute la nuit, il va m'appeler tous les trois quarts d'heure ! À quatre heures il me sonne car il veut son natispary pour soulager une douleur cardiaque et à cinq heures il m'appelle de nouveau... lorsque j'arrive il veut que je lui branche un aérosol car il ne sais pas quoi faire et il s'ennuie ! Mais ce n'est pas l'heure de son inhalation et il n'y a pas de produit tout prêt à l'intérieur.

Hier matin il avait envoyé Véronique chercher sa peinture acrylique et ses pinceaux au garage car il voulait repeindre un petit sujet (un canard au drapeau breton) au-dessus de sa lampe de poche ! Difficile de peindre couché au fond de son lit, ses doigts en étaient tout mâchurés.

La nuit a été très dure et je n'en pouvais plus de sommeil et de douleurs. Sur le matin levée à nouveau à sept heures, je lui demande de me laisser dormir un peu, mais à sept heures quarante-cinq, je me lève et je prépare le déjeuner, il doit rester à jeun car il a une prise de sang... mais il a sombré dans le sommeil tout en gémissant, criant, remuant sans cesse ses deux jambes gonflées d'eau... mal, très très mal au fond de son lit.

Annie prend son service et découvre Maurice dans un état lamentable au seuil de sa fin de vie. Corinne n'a revient pas de le trouver plus mal chaque jour et dans l'impossibilité de le tourner tant il est rempli d'eau, tant il est lourd. Lorsqu'elle me fait mes soins dans la salle de bains, elle me dit qu'elle est surprise, admirative de sa force, de sa résistance... beaucoup d'autres plongés dans ces conditions seraient déjà partis depuis longtemps ! Elle me dit combien cela a été dur de lui faire les soins ce matin, si difficile de le bouger à présent, de le tourner à droite et à gauche du lit et elle trouve qu'il est plus atteint chaque jour. Je le sais bien moi qui vit vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec lui... je le vois bien se transformer, je vis toutes ses crises, toutes ses douleurs, tout son drame !

Il se réveille vers onze heures. Annie m'aide à lui coller le coussin-boudin-serpent sur son côté gauche afin de le soulever un peu et de le changer de position pour que son point d'appui sur la jambe gauche écrasé par son abdomen plein d'eau souffre moins. Du coup il se trouve mieux et peut voir l'écran de télévision.

Nous préparons le repas de midi œufs durs, épinards et riz au lait interrompues par les appels incessants de Maurice... puis Annie nous quitte.

Je lui sers son repas et il se régale du plat de légumes et du dessert. Puis il suit évasivement la télévision et s'endort presque aussitôt.

Je demeure près de lui allongée sur le fauteuil, puis je vais m'occuper de tous les coups de téléphone que je dois donner un peu partout. J'ai téléphoné à l'hôpital Cochin auprès d'un médecin pour avoir un conseil par rapport à notre situation et le fait que nous soyons en désaccord avec notre médecin sur le diurétique. Il me dit que les Droits du Malade autorise de refuser un traitement et de voir aussi avec une équipe de soins contre la douleur qui pourrait nous suivre à la maison en relation avec les soins palliatifs, enfin il me donne des pistes. J'avais déjà appelé tous ces services en octobre 2016 et maintenant l'idée se précise. J'avais déjà bien fouillé aussi les associations de malades.

J'en oublie Maurice qui commence à se plaindre puis à hurler de douleur. Zut, je dois penser à sa morphine. L'hôpital lui a retiré beaucoup trop tôt et notre médecin de façon drastique, ce n'est pas tenable.

Je lui donne avec une demi-heure de retard et je souffre de voir à quels excès de douleur il est confronté. Je lui dis que la morphine va vite l'apaiser... il crie de plus en plus fort et soudain il s'endort profondément apaisé.

Je voudrais dormir aussi mais je ne le peux pas, Maurice a tellement besoin de moi pour tout. Il ne parvient plus à se servir sur les petites tables près de lui, et quand il essaie il laisse tout tomber. C'est une galère indescriptible.

Je reviens à mes coups de téléphone et j'obtiens le service qui se déplace à domicile pour suivre la douleur. Ils vont appeler le médecin. Me voilà soulagée.

Maurice dort bien, dommage il risque d'être réveillé lorsque Corinne va arriver pour ses soins. Cette nuit, je crois que je resterai dans le fauteuil près de lui cela devient trop difficile.

Mais une heure plus tard soit à seize heures trente, il crie de douleur à nouveau et aussi de cette douleur affreuse lorsqu'il veut uriner... la morphine est très mal ajustée à son niveau de douleur...

J'attends Corinne. Elle arrive fidèle à elle-même douce, agréable, dévouée. Elle est passée à la pharmacie prendre les deux remèdes qui nous manquaient. Elle prend en main les soins de Maurice, aérosol, perfusion, toilette, change. Maurice se trouve encore inondé par le diurétique, il en a marre de se retrouver trempé matin et soir, jour et nuit... mais il a beau perdre de l'eau il se trouve de plus en plus gonflé d'eau avec tous les effets secondaires qui en découlent, la douleur intense, les démangeaisons et j'en passe.

Elle prépare nos deux piluliers. Lorsqu'elle a terminé elle nous quitte. Auparavant elle m'avait demandé si elle pouvait être présente lors du passage de l' assistante sociale demain... dont je n'attend pas grand-chose d'ailleurs...

La soirée s'achève difficilement. Je change, masse Maurice deux fois puis je m'installe dans le fauteuil près de lui... les nuits deviennent trop dures.

LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, amabassadeure de la Paix,...

Jeudi 26 janvier 2017... Maurice agonise de douleurs...

La nuit est émaillée des cris de douleurs intenses de Maurice gisant au fond de son lit. Hier soir je l'ai installé sur son coussin serpent pour le redresser un peu... il s'y est trouvé bien et n'a pas voulu changé de position durant quelques heures.

Dans la nuit il a traversé quatre crises de douleurs épouvantables et n'y tenant plus je lui ai donné quarante milligrammes de morphine à chaque passage ultra difficile, ce qui a eu pour effet de le calmer enfin et de l'endormir apaisé.

Je ne dors guère éprouvée par ses crises et ses sollicitations permanentes. Dans les moments moins durs, moins confus il me déclare son amour avec fougue et passion. Il me dit qu'on se retrouvera dans la prochaine pour mener à bien des projets d'envergure sans être malades, ni à mobilité réduite et puis il commence à réfléchir sur mon retour vers les enfants... les enfants, petits-enfants et arrières comptent davantage que quelques malheureux maquereaux. Peu à peu il me rejoint sur mon terrain.

Sur le matin c'est encore une sollicitation incessante. Je le change et arrange bien son lit puis je le cale sur le serpent afin de lui soulager sa cuisse et sa hanche gauche... ses œdèmes sont horriblement gonflés, rouges et chauds ; il en souffre affreusement. Sa colonne vertébrale sous le poids de l'eau se fait terriblement douloureuse ainsi que ses jambes, tout son corps n'est qu'un martyr. Je n'en peux plus de le voir et de l'entendre dans une telle intensité dans la douleur.

Je lui fais une tartine de confiture et prépare mon déjeuner. Je lui donne ses remèdes du matin. Puis Sylvie arrive dans un immense coup de vent gelé et il l'a sollicite à son tour pour des petits services.

Pendant ce temps je m'habille chaudement. Un vent fort et très froid s'est levé dans la nuit, sans doute arrivé avec les grandes marées. Sylvie est moi partons en courses. Il faut remplir le frigidaire totalement vide depuis quelques jours et faire de nouveau l'achat de couches qui vont venir à manquer.

Nous rentrons après être passées dans quatre magasins. Nous sommes allées dans une boutique pour faire fonctionner le nouveau smartphone de Maurice mais il a abîmé la carte sim en la détachant et l'a placée dans le mauvais endroit. Nous devons en réclamer une autre. Quant à son rasoir tout démantibulé je dois téléphoner pour en avoir un autre ou obtenir son remboursement dans son lieu de vente... quelle poisse ! Encore des contrariétés qui s'ajoutent aux autres.

Sylvie déballe les courses, cependant que je m'occupe de Maurice. Lorsqu'elle se retire, je cuis les steaks hachés puis les flageolets pour servir mon époux dans son lit. Je mange à côté de lui.

Je n'ai pas le temps de finir, le médecin est là qui nous surprend. Il ausculte Maurice et prend note de son état précaire. Il me dit qu'il est d'accord que l'unité de soins contre la douleur se mette en place pour venir chez nous... je suis soulagée. Je lui dis ce que j'ai dû faire cette nuit relever la morphine devant les crises épouvantables de Maurice.

Ce matin il est raccord avec moi et j'en suis touchée et satisfaite. Il prescrit des ordonnances pour placer une sonde à demeure sur mon époux. Maurice est content car sa situation lui pose trop de désagréments. Rien n'est simple, mais il faut autant que faire ce peut le soulager le plus possible, il n'y a que ça qui m'importe... l'entendre hurler, se plaindre, gémir et pleurer est au-dessus de mes forces.

Corinne arrive vers quatorze heures trente un peu avant l'assistante sociale. Nous discutons de notre situation mais nous n'avons que peu à attendre. À part mes heures d'aide humaine dont le dossier avance car j'ai fait le nécessaire... il n'y a rien à attendre de plus. Mais que puis-je espérer vraiment de cette entrevue ?

Lorsque l'assistante sociale nous quitte Corinne reste avec moi pour dresser l'inventaire de nos kits de sonde. Il lui manque des sondes qu'elle ramènera de la pharmacie et elle sondera Maurice dès demain matin.

Le soleil fait son apparition à dix-sept heures. Le vent s'engouffre dans la maison, il fait très froid.

Nous attendons Corinne, cependant que Maurice est en crise depuis quinze heures et ne cesse de gémir en criant... et moi en attendant installée sur l'ordinateur je dors debout.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 19:47
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Mardi 24 janvier 2017... le faire pisser, le remplir d'eau jusqu'à ce que mort s'ensuive... le jour où la médecine aura compris qu'il ne faut pas de diurétique pour un insuffisant cardiaque elle aura fait un grand bond pour l'humanité !

 

Je me suis levée toutes les heures... puis à quatre heures Maurice à commencer à délirer, à crier tout en dormant d'un sommeil semi-conscient. Lorsque je suis arrivée près de lui, il avait les yeux grands ouverts et m'a lancé :

Mais enfin qu'est-ce que vous attendez assis là, les musiciens doivent commencer à jouer...

Plus tard il me dit :

J'ai donné pour soigner, pour respirer au P'tit loup, mais elles ont tout mis à la poubelle !

Il me déclare au réveil : j'ai pris un vélo sur la tête... et d'autres encore tout le matin jusqu'à neuf heures.

Je l'ai changé plusieurs fois cette nuit et lorsque Corinne, l'infirmière est là, Maurice nage dans son lit entre le pipi et ce qui paraît être de l'eau sorti de son ventre tant il est mouillé dans le dos et sur le côté gauche.

Le diurétique à n'en pas douter fait son œuvre de mort ou en tout cas contrarie son cœur tant est si bien qu'il n'a plus aucune chance de s'en sortir ! Diurétique ou pas son cœur maintenant trop faible, trop fragile n'a pas supporté cette opération mais au lieu de lui foutre la paix le médecin s'obstine dans un contresens. Envoyer un diurétique au cœur c'est lui faire faire trois fois plus d'eau et maintenant Maurice est gonflé comme une baleine... jamais, plus jamais il ne se mettra debout, alors où est l'intérêt d'une telle intervention chirurgicale réussie mais que je savais nocive dans son état cardiaque mais aussi général, et heureusement que l'on ne lui a pas coupé la jambe ! ! !... Les médecins comme les politiques sont autistes !

Bon, en attendant je dois supporter mon époux très douloureux, hyper souffrant, pleurant, gémissant parfois euphorique, comme ce moment dans la nuit où il m'a dit :-Je me suis levé, aujourd'hui je me lève, ça suffit, je ne peux plus rester dans ce lit, je vais me lever aujourd'hui !

Mon pauvre Maurice si courageux et si crucifié ! S'il n'avait pas croisé la médecine dans sa vie, il vivrait jusqu'à cent-vingt ans tant il est robuste, volontaire avec un mental de fer ! Mais là, à présent il vit acculé, gisant au fond de son lit, bloqué sur sa pauvre jambe, ses pauvres jambes gonflées d'œdèmes, les pieds aussi boursouflés, sans pouvoir bouger tant le poids de l'eau de son ventre le déverse tout entier à gauche... il a repris ses bajoues et ses doigts, ses mains ont toujours la couleur de la farine depuis son infarctus du 30 août 2016. Oui, il est malheureux de se voir ainsi acculé, lui l'hyper actif, l'architecte qui a réalisé tant de beaux bâtiments et autres en région Rhône-Alpes, lui le responsable de la Fédération Française de Ski de Fond, et il se meurt doucement dans un supplice sans nom et moi, je suis suppliciée de le voir seconde après seconde, minute après minute, heure après heure, jour après jour, mois après mois, année après année vivre ce cauchemar, cette douleur qui n'en finit plus.

Je l'aide au maximum, je le console, je lui fais de bons petits plats seuls moments de joies qu'il savoure encore... quand il a faim, quand il peut l'apprécier. Oui, notre situation est éprouvante, mais je tiens la barre car il faut faire face et je n'ai pas le choix.

Après le départ de Corinne qui s'est fort bien occupée de lui, Maurice demeure dans le même état à semi-conscient, il dort, il crie, il se plaint. Vers quinze heures soudain, je pense à la morphine avec un doliprane qui peut l'apaiser... je lui donne quarante mg d'oxynorm en plus du paracétamol. La douleur se calme et il s'endort luttant toujours avec une respiration si difficile. Par deux fois, il a perdu sa lunette et je dois l'aider car il la met dans la bouche au lieu du nez.

J'ai préparé le repas dérangé constamment par ses appels, puis après le repas, j'ai dans les trous rédigé mon courrier. Je dois me battre encore avec les administrations qui pratiquent à longueur d'années des abus de pouvoir.

Quatre heures : Maurice se débat avec sa respiration, comme un poisson hors de l'eau depuis dix jours, il dort les yeux grands ouverts et absents roulants dans tous les sens... je m'approche de lui, je lui parle, lui demande s'il n'a pas froid car il vient de bousculer drap et couvertures, il veut faire ses besoins, quand soudain, je remarque une nouvelle fois son absence de lunette.

Je lui touche sa main particulièrement froide et je lui parle gentiment, lui demande de remettre sa lunette, je m'approche pour l'aider de mon mieux. La lunette replacée il ferme les yeux... il semble dormir... il tousse. Ses quintes de toux sont très sévères sur cinq heures du matin. Il crache beaucoup et il mouche du sang.

Je le surveille. Découvert, je m'approche vers lui de nouveau, il entrebâille les yeux, je lui dis qu'il va avoir froid découvert ainsi, mais il me répond de le laisser qu'il se sent bien là maintenant... de loin, j'ai l'impression qu'il va mourir.

Je le réveille doucement, je lui caresse sa main gelée. Il réapparaît doucement, pourtant il me dit : il y a deux lits là à côté ! Il me déclare encore. –--Tu sais je ne vais pas m'habiller pour sortir ce soir, je ne vais pas me forcer à apprendre des histoires algériennes bien marrantes, non, je vais rester tranquillement à la maison.

Bon, lorsqu'il revient à lui, je lui propose un excellent riz au lait fabriqué ce matin. Après les carottes au poulet à la crème, le dessert est bienvenu et il se régale. Il me réclame son rasoir et j'ai beau protesté qu'il l'a remonté trois fois en perdant les pièces dans le lit et que notre ami Alain a lui aussi tenté de le remettre en ordre, le rasoir est cassé. Il faut le remplacer. Il me demande sa tondeuse, je la lui amène avec un rasoir à main et ses lames mais il ne va pas. Tant pis, il se rasera lorsque j'aurai acheté un autre rasoir ! Il me réclame la boîte ou je range les garanties pour chercher le bon de garantie de l'appareil. Il le retrouve, je vais pouvoir aller me faire rembourser ou le remplacer.

Corinne arrive pour les soins du soir... elle est si gentille, si agréable. Ensemble nous vérifions les comprimés et je dois faire un courriel au docteur pour une ordonnance de cachets qui vont nous faire défaut dès ce week-end. Elle me met des patchs dans le dos, mais il faudrait me couvrir le corps tant je souffre du haut en bas. Lorsqu'elle a terminé elle nous quitte en nous souhaitant une bonne soirée.

Maurice est bien installé, bien soigné et propre. Je lui prépare son repas qu'il prend dans le lit. Je fais les allers retours de la cuisine à son lit dans mon fauteuil roulant, évidemment. Je mange rapidement à la cuisine ou vers son lit suivant les possibilités. Je suis fourbue et ce soir je me traîne lamentablement.

Vers dix-neuf heures trente je lui passe son deuxième aérosol de la soirée. J'écris ces lignes en coupures depuis le début de l'après-midi.

Aujourd'hui malgré les -2° de ce matin avec une bonne gelée blanche, le soleil a régné en maître comme il l'a fait depuis une semaine de grand froid sur le pays. Les jours sont toujours bien courts et la nuit arrive vite.

Je vais restée devant la télévision à côté de lui, j'ai bien peur de m'endormir dans le fauteuil tant je suis dévastée, mais je dois lui faire des soins après le film, ensuite j'irai me coucher... pas pour longtemps !

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 20:09
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Lundi 23 janvier 2017... tout va très bien Mme la Marquise...

 

Je me suis levée toutes les heures pour changer, masser Maurice et arranger son lit. À quatre heures du matin, Maurice a faim et je lui donne ce qu'il n'a pas mangé dans la journée un plat de pois cassés.

Puis je me relève à six heures et enfin à huit heures pour préparer son petit déjeuner et le mien. Nathalie arrive pour prendre son service. Elle vaque à ses occupations cependant que Maurice attend l'infirmier dans des spasmes douloureux et une respiration toujours aussi difficile depuis plus de huit jours et malgré l'oxygène.

Jean-François arrive et dans la foulée voici le docteur navré de trouver Maurice dans cet état... il reconnaît qu'il faut le soulager et sans doute lors de la visite le 30 janvier auprès de ceux qui l'ont opéré voir un cardiologue et lui poser une sonde... je sais déjà ce que diront et feront les cardiologues... j'ai la pénible impression de revivre 2009... je réitère que les diurétiques occasionnent et favorisent les œdèmes cardiaques sur les insuffisants cardiaque tel que Maurice et je redis qu'il faut lui soulager la douleur à tous les niveaux et ne pas s'acharner de façon thérapeutique... ce dont le médecin semble consentir.

Soudain Jean-François se vante d'avoir appelé une assistante sociale auprès du médecin... ça vient un peu tard après deux ans de cauchemar, plus d'un an au lit dont près de cinq mois grabataire, et quand moi-même je l'ai appelé deux fois durant l'hospitalisation à Brest de mon époux ! ! !

Nathalie me fait des soins du visage avec beaucoup de sympathie et cela me détend un peu. Puis je prépare le repas de midi : des pommes de terre à l'eau qui vont accompagner des tripoux, spécialité de l'Aveyron envoyée par ma fille aînée pour Noël. Maurice en raffole.

L'après-midi se passe difficilement, Maurice crie dans son sommeil, m'appelle souvent en se demandant où je suis alors que je suis tout à côté de lui.

Il émerge peu à peu avec la présence d'Alexandra venue pour mes soins de pieds. Puis Jean-François arrive qui le trouve toujours mieux que la veille ! ! !

Maurice s'aperçoit que sans oxygène son oxygénation du sang tombe très bas.

Bon, nous finissons la soirée avec le repas du soir. Maurice se réveille toujours sur le soir et la nuit il ne dort plus... enfin quand il ne dort pas jour et nuit.

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 12:43
VOEUX POUR LA POESIE ET LA VIE / Nicole BARRIERE, notre ambassadrice de la Paix (FRANCE)

VŒUX POUR LA POESIE ET LA VIE

 

La vie blessée

Réapprend sa nouvelle langue

Tire l’espoir de la liberté

Lutte contre la guerre et l'enfermement.

 

S’il vous plaît ouvrez vos gestes comme les paroles

Faites palpiter votre cœur, sain et entier

Cœur ouvert, palpitez vers la mer et la montagne

Cœur ouvert palpitez

 

La vie blessée

porte la brûlure ardente

il n’est point de douleur indicible

langue de prophète ou langue des gens simples

 

S’il vous plaît ouvrez vos gestes comme les paroles

Faites palpiter votre cœur, sain et entier

Cœur ouvert, palpitez vers la mer et la montagne

Cœur ouvert palpitez

 

Vie quotidienne, les objets, les cadavres de la guerre,

Combien de temps d'oppressante et fatale blessure ?guerres et haines ?

Tant de pactes d’angoisse et de désespoir

Vie quotidienne de la beauté des amoureux et des enfants

Combien de temps le verbe rauque pour rappeler la fraternité humaine ?

 

S’il vous plait, laissez s'accomplir l'amour de l'autre

Justes pluies sur la face de la terre.

S’il vous plait, faites entendre

Vos messages de paix et de lucidité

 

La vie des ruelles et des collines

Résonnent de joie

L’air est chargé de prières et de rêves

de partage et de réconciliation.

 

S’il vous plaît, quittez les armures de vos villes mortifères

Quittez vos villes sans possibles

S’il vous plait peuplez-les d’utopie et de tendresse

Redites par votre sourire et vos caresses

Les mots soleil et liberté

 

Je vous tends le fil rouge du poème

Simple, il court sur les chemins et les torrents

proche et humble, sans chevauchée épique

ses traces en cantique des cantiques

jusqu'à forger un nouveau langage

avec les alluvions de la joie et de l’histoire.

 

que la langue de tous les jours laisse entrevoir des rochers de la mémoire

qu’elle lie l’écart du terreau et de la boue

qu’elle écartèle et fusionne le rêve et le réel

qu’elle morde et refuse la litote et le symbole

qu’elle marque l’espace commun de l’instant universel

 

S’il vous plaît, jouez avec les mots, détournez les

Opposez les, profane et sacré, sceptique et fervent

mystique et érotique, grave et ironique

 

Rendez au temps la condition humaine

Regardez la, nommez la , chose, émotion

rendez l’espoir parmi les hommes fous

priez pour plus de sagesse

car la mort revient toujours

 

S’il vous plaît, méfiez-vous des bonimenteurs idéologues

et parlez des moments humbles quotidiens et heureux de l’homme.

S’il vous plait, rendez le souffle, le cri

Aux mots VIE,

REVER, RENCONTRER, RESISTER

AIMER, CONNAITRE, PROTEGER,

VOEUX POUR LA POESIE ET LA VIE / Nicole BARRIERE, notre ambassadrice de la Paix (FRANCE)
VOEUX POUR LA POESIE ET LA VIE / Nicole BARRIERE, notre ambassadrice de la Paix (FRANCE)
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 20:16
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Samedi 21 janvier 2016... un cœur si fragile et bien malmené... des souffrances atroces qui n'en finissent plus...

Hier soir, Maurice est sorti un moment de sa torpeur confuse, un sommeil semi-conscient. Je suis restée près de lui dans le fauteuil, puis tard dans la soirée je l'ai changé par deux fois et je me suis remise dans le fauteuil où je me suis endormie... mal. L'extracteur d'oxygène faisait un bruit impossible couvrant le son de la télévision. Finalement je suis partie dans ma chambre à la demande de Maurice.

Il m'a appelé à deux heures vingt pour le changer et il avait faim. Puis à cinq heures et enfin à huit heures. J'ai ouvert la porte et préparer le déjeuner.

Je lui fais deux tartines grillées qu'il a trouvées meilleures et porter son cacao. Puis j'ai pris le mien.

Jean-François frappe à la porte à neuf heures pour les soins. Hier j'ai cherché dans le pilulier pour voir si les comprimés de modurétic (diurétique) étaient dedans comme le médecin l'a demandé lundi (il s'entête mordicus!) or, je ne les trouve pas... pas de trace non plus de la boite de comprimés dans le placard (la réserve de médicaments). On nous prend pour des gosses de l'école maternelle. Je ne supporte pas ce type de comportement et je le lui dis au téléphone.

L'infirmier qui garde ce remède sur lui pour lui donner directement dans la bouche ! Où est le droit du malade ? Je considère cela comme une faute grave à l'encontre de nos deux personnes ! Tout comme l'hydrocortisone enlevé un moment puis remis dans notre dos ! ! ! Il faut le dire... la confiance est de mise ! Et on est en droit de se poser la question... où se trouve la concertation autour d'un malade et de sa famille ?

N'empêche que nous supportons à nos dépens une vie gâchée, un véritable calvaire par le fait qu'un médecin a remis deux remèdes qui contrecarrent les pathologies de Maurice. Notre médecin traitant l'a bien compris avec le Zanidip... mais il était trop tard, pour ce qui est du modurétic il refuse de l'admettre... et pourtant nous en avons la démonstration chaque jour qui passe.

Depuis lundi Maurice est confus, plus mal que jamais, son corps plus enflé que jamais, son œdème au ventre plus atroce que jamais, dur, rouge, lourd comme une barrique, avec des plaies prêtes à éclater. Il ne tient plus du tout appuyé sur la droite et sur la gauche c'est de même à présent... on a du mal à le changer. Ses jambes ce soir sont très gonflées, avec de l'œdème aussi sur son genou gauche opéré, ses pieds également rouges avec des plaies qui s'ouvrent , exactement comme toute cette année où il est resté alité avec l'eau en cascade qui sortait de ses jambes. Il respire très mal même avec l'oxygène et si il la retire une seconde il devient rouge et sa respiration s'arrête. Son cœur si fragile n'en peut plus de ce que l'on lui fait subir depuis tant d'années (36 ans).

Qui pourrait croire que notre vie a basculé ainsi dans un tel cauchemar ?

Ce soir Alain revient nous faire une petite visite. Il est content de voir Maurice somnolent mais plus présent. Ce soir il le reconnaît ! Je demande à Alain s'il pourrait me rendre service en nous plaçant l'extracteur devant l'escalier au plus loin du salon et de la bibliothèque, ainsi nous serons moins gênés par ce bruit constant.

Il accepte avec toujours cette immense gentillesse qui le caractérise. Puis il s'aperçoit que le fauteuil a perdu un pied. Il le cherche un petit moment et le découvre par hasard sur la petite table près de mes livres. Il m'arrange cela en un tour de main et comme j'avais acheté il y a peu de la feutrine pour les pieds, il me la met en place.

Merveilleux, je ne suis plus bancale allongée dans ce fauteuil. Formidable Alain !

Voilà au milieu d'une journée encore bien triste, un rayon de soleil, un petit moment magique, comme il en est chaque jour, à savourer.

Ma douleur à l'œil s'estompe doucement. Je peux consulter mes courriels. Jean Leynoz, auteur m'a invité à rejoindre son groupe 'De l'humain pour les Migrants'. Je suis contente, je vais pouvoir partager certains de mes textes où j'ai tant écrit sur l'absurdité de ce monde, sur son manque d'humanité, sur l'horreur vécue par les petites gens, l'enfer de la guerre...

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 11:13
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 14:23
LA VIE COMME UN DEFI ! / Dana LANG, conteure, auteure, poète, ambassadeure de la Paix,...

Vendredi 20 janvier 2015... Maurice s'enfonce dans un sommeil semi-conscient...

Il dort profondément. Je veille près de lui où je finis par m'endormir. Je le change à vingt-trois heures et il me demande d'aller dans la chambre. Il s'est à peine réveillé.

Il me sonne à six heures quarante cinq. Première nuit depuis plus de quatre mois où nous dormons huit heures d'affilée. Il est entièrement trempé et souillé. Il a très froid.

La température est à -7° dehors, du jamais vu en Bretagne !

Je le nettoie, le change avec difficultés car il ne peut plus se soulever ni se tourner, son ventre trop lourd pèse sur ses deux hernies discales et sa colonne vertébrale le fait hurler de douleur.

Une fois nettoyé, j'ôte tout le linge souillé, le remplace. Je glisse des alèses sur le drap de dessous totalement inondé. Je n'ai pas la force pour lui ôter aussi les alèses vont-elles le mettre au sec. Bien au propre à présent je le recouvre.

Je viens à peine de finir que je dois recommencer, il est souillé à nouveau. Je rechange la couche, lui remet son drap, ses couvertures et il se rendort aussitôt.

Je déjeune seule à la cuisine. Je viens de terminer lorsque Nelly frappe à la porte. Puis c'est au tour de Jean-François qui demande des nouvelles et auquel j'explique ce que j'ai fait ce matin. Il entreprend de lui donner ses remèdes, son aérosol, de lui faire sa toilette et sa perfusion. Il hurle de douleur à chaque mouvement... mais il n'émerge pas. L'infirmier pratique les soins et se retire. Maurice dort toujours. Il ne déjeune pas.

Nelly va casser la glace dans le bassin des oies, elle nourrit les animaux et ramasse les œufs. Il fait un froid sibérien. Congelée, elle rentre en courant. Elle termine son service à midi.

Je prépare le repas et Maurice dort encore. Alain cogne à la porte et entre très surpris de découvrir Maurice dans cette situation critique. Il dort toujours avec cette respiration ô combien difficile, il ouvre un œil très brièvement de temps à autre... il demeure confus.

Alain attristé nous quitte. Maurice me dit en ouvrant à peine les yeux :

Je ne l'ai pas reconnu... et se rendort.

Il me déclare vaguement qu'il ne veut pas manger... je déjeune seule à la cuisine sans entrain.

Maurice dort toujours de ce sommeil semi-conscient à la respiration si difficile. Par trois fois il a perdu les lunettes de l'oxygène et je veille à les lui remettre.

Dehors le soleil se fait éclatant et le froid pinçant... des températures aussi basse n'existent pas en Bretagne !

Klara, la kinésithérapeute passe vers seize heures. Maurice le lui avait demandé dans un moment de lucidité et de réaction à son état désespéré. Il voulait se lever coûte que coûte et voilà qu'aujourd'hui elle le découvre dans son sommeil à demi-conscient... il entend à peine. Elle le réveille un peu et lui demande ce qu'elle pourrait lui faire, il hoche la tête, il ne veut rien, ne peut rien que dormir. Nous parlons un peu toute les deux et l'état de Maurice la rend très triste. Elle nous quitte désolée.

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Présentation

  • : LE MONDE IMAGINAIRE de Dana LANG, conteuse aux plumes de sioux, fée des loups, auteure Fantasy, contes, nouvelles, poète insurrectionnelle (trilogie de prose poétique), lauréate de 76 Prix littéraires
  • : BIOGRAPHIE Dana LANG *1989-2002, conteuse professionnelle internationale (artiste, durant 12 ans intermittente du spectacle / Cie du Soleil Noir). Elle conte dans les écoles, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacle, théâtres, festivals... etc... *1991, fondatrice d'une Maison du Conte 'La Biche au Bois' au Cergne (42-Loire). Elle reçoit 20 000 scolaires en attractions contées sur les Terres d'Anne de Beaujeu dans les Monts du Haut-Beaujolais, et organise un Festival du Conte et des Conteurs en Forêt et en Cabarets «Flèches des Fées» pendant cinq ans. Elle conte avec divers musiciens dont Tenzin Gonpo artiste tibétain qui l'accompagne aux instruments et à la voix. Elle parraine un enfant tibétain pendant plusieurs années. *1994, sociétaire des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. Elle participe à divers festivals... *Avril 1998, elle conte dans les écoles françaises, Instituts, hôtels, villages pour le Festival International des Conteurs Francophones à Abidjan en Côte d'Ivoire. *2003, auteure, poète, en situation de handicap, elle poursuit en écrivant toute son Œuvre. Elle réécrit ses contes adaptés pour la scène (120 contes) et écrit de très nombreux ouvrages dont des contes merveilleux et fantastique, un récit autobiographique ' Les Sanglots du Vent' ; une trilogie Fantasy ' Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' (t.1 : La Dragonne et l'Œuf d'Or Sacré ; t.2 : Éloïse et le Commandeur du Temps ; t.3 à paraître) ; des témoignages de vie ' Docteurs, vous m'avez tué ! ' suite à paraître : ' La Danse de la Méduse ', ' L'Arbre d'Or ', 'La Fuite des Jours', 'La Maison du bout... de la Terre', 'Plus fort souffle le vent', 'Un Radeau dans le Ciel', 'Jusqu'au bout du Voyage', 'La Vie comme un Défi', 'Fais-moi Mourir !', 'Le Bouffeur de Vie', 'L'Ultime Voyage d'un Combattant de la Vie', 'Vogue là où te mènera ton Rêve', 'L' Envol les Ailes Brisées',... édité en juin 2019 par Horizon Littéraire Contemporain : un recueil de prose poétique et de pamphlets de 7 livrets ' Puisque tu vis, Philippe', 'Je vous écris, Frères Humains', 'À l'Aube d'un Jour, Humanité' et un livret de nouvelles 'Poindra le Jour', ... *2011, à la création de la Maison du Conte, de l'Illustration et de l' Édition Fantastique ' LA FONTAINE AUX FÉES ' édite dix de ses livres (sur plus de 30) et avec son époux Maurice JANIN, architecte d'exécution (en situation de handicap), fréquente les Salons du Livre de Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne, Yonne, Paca chaque week-end durant deux ans. Sur le Salon du Livre de Lorette (42-Loire), elle rencontre Michel COUROT, Dico d'Or, grand gagnant de la Dictée de Bernard Pivot en 1995. Il deviendra son relecteur et son très grand ami. *En avril 2011, elle écrit un conte merveilleux : Flora, Pipi et Scratch, la sorcière. *2012, sociétaire des Arts et des Lettres de France, membre du bureau de l' UERA A (Union des Écrivains de Rhône-Alpes-Auvergne), ambassadrice du Cercle des Ambassadeurs Universels de la Paix, 'La Fontaine aux Fées'  édite 'Le Grand Livre de Marina' de Marina FERREIRA. *13 octobre 2013, elle est nommée Membre de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets. *Le 18 mai 2014, elle parraine le 1er Festival du Livre et de l'Illustration Jeunesse «Les P'Tits Z'Amis de Marina » à Saint-Didier-de-Formans dans l'Ain (01). *13 Juillet 2014, après avoir vécu deux ans dans le village natal de son père en Alsace près de Bâle et de très longues années en région lyonnaise, elle vit à Plogoff dans le Finistère et devient Membre de l'Association des Écrivains Bretons (AEB). Elle écrit et publie un nouveau conte ' La Fontaine de la Mer Feunteun Aod '.   *Décembre 2014, elle collabore au Festival International du Conte de Guillaume ÉKOUMÉ, au Cameroun. Elle écrit un nouveau conte 'Max, le Petit Sorcier'. *Février 2015, elle écrit un conte 'Louka, le Petit Loup de Brocéliande' dédié à son arrière petit-fils, Louka né le 5 février 2015. *23 avril 2015, elle écrit 'Le Dragon de Pors Loubous', un conte fantastique. Fin juillet, par son épouse Danyèle, elle apprend dans une profonde tristesse le décès de son indéfectible ami, Michel COUROT. *20 décembre 2015, elle conte 'Plume de Corbeau' au théâtre Georges Madec à Esquibien pour les enfants des écoles et leurs parents. *De septembre 2013 à ce jour, elle devient lauréate de 76 distinctions Littéraires  Internationales (Trophées, Mérites, Médailles, Prix, Mentions...) décernés par 16 concours Littéraires Internationaux. *2015-2016, elle recherche un Éditeur sérieux pour lui reprendre toute son Oeuvre. *En 2015, elle est invitée à Sacramento en Californie et à Prague en Tchécoslovaquie du 5 au 10 septembre 2016 par le Président de la World Académy of Arts and Culture and World Congress of Poets où elle ne pourra pas se rendre. *Le 1er février 2016, elle écrit le conte 'Justine et le Pays Contraire'. *Février 2016, elle s'inscrit dans les Salons Festivals du Livre en Bretagne qu'elle espère honorer de sa présence... le 24 avril 2016, elle se rend au Salon du Livre de Botmeur (Finistère) où elle conte et dédicace... *En juin 2016, elle écrit le conte 'Kaoura, la Princesse aux Sept Dragons'... *En 2017 'La Princesse aux Mensonges', 'L'Œil du Dragon'... et autres... *Le 9 et 10 septembre 2017, elle reçoit le TROPHEE John Ronald TOLKIEN pour le 2ème volet de sa trilogie fantastique 'Les 3 Héritiers de la Clef des 7 Mondes' tome 2 'Éloïse et le Commandeur du Temps par le CEPAL à Thionville en Lorraine. Elle reçoit d'autres Prix Littéraires Internationaux et le TROPHEE le LAUZUN de BRONZE remis par Pierre BELLEMARE... *Le 26 décembre 2017, elle perd à Douarnenez son époux bien-aimé à la suite de très grandes souffrances et d'une longue agonie de trois ans. Il sera incinéré à Quimper et ses cendres jetées en mer à 300 mètres de leur habitation. *Année 2018, elle devient membre de Bibliothéca Universalis.           * En février 2018, elle écrit plusieurs contes et nouvelles... qu'elle présente à des concours littéraires... *4 avril 2018, elle reçoit une Mention des Arts et Lettres pour son conte 'L'Œil du Dragon'. *10 août 2018, veuve elle revient s'installer avec sa fille aînée dans les Monts du Haut-Beaujolais où de plus en plus atteinte par sa maladie, elle tente de faire éditer tous ses livres. Quelques uns de ses textes paraissent dans diverses revues et livres. *Le 26 janvier 2019, elle devient membre de l'Académie Littéraire et Historique du Val-de-Saône. *Le 1er juin 2019, elle reçoit trois nouveaux Prix Littéraires Internationaux sur un conte, une nouvelle et une poésie décernés par les Arts et Lettres de France. *Le 29 juin 2019, elle reçoit le TROPHEE d'EXCELLENCE sur son OEUVRE LITTERAIRE et le PRIX d'EXCELLENCE sur son conte MAX, LE PETIT SORCIER en Français et traduit en Roumain par les Editions HORIZON LITTERAIRE CONTEMPORAIN représenté par Noëlle ARNOULT et Daniel DRAGONMIRESCU.
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